Montpellier

Zones suburbaines

Il y a encore une dizaine d'années, il ne me fallait pas plus de 5 mn en voiture pour quitter la résidence où je loge, dans le quartier des hôpitaux, au Nord de Montpellier, afin d'atteindre la campagne environnante. Ce n'est plus aussi rapide aujourd'hui, parce que la ville ne cesse de s'étendre et la campagne s'éloigne inexorablement. En quelques années, l'augmentation du trafic automobile — presque paralysé en semaine, aux heures de pointe — a contribué à rendre les déplacements vers la sortie de la ville de plus en plus pénibles. Pour pouvoir poser les pieds, non plus sur du béton ou sur l'asphalte qui couvre la ville, mais sur de la terre, des pierres ou de la végétation, il me faut maintenant rouler une bonne demie heure, à condition de sortir quand sont garées sur les parkings les voitures des employés accaparés par leur travail, un peu plus loin dans des bureaux. Ce sont, justement, ces zones hérissées d'immeubles administratifs, regroupant des centaines de ces bureaux, qui font que la campagne recule. Elles ceinturent complètement Montpellier.

Il faut donc obligatoirement traverser une large étendue de constructions très récentes pour retrouver les terres agricoles rongées par la ville qui lentement, inlassablement se déploie sur sa périphérie. A certains endroits, le contraste entre ville et campagne est saisissant : sans que rien ne fasse transition, en une enjambée, on passe d'un trottoir fraîchement carrelé au terrain sablonneux d'un antique vignoble. Mais, dans la plupart des cas, une large bande, de type no man's land, jonchée de gravats, de détritus, de déchets de toute sorte, dessine les limites de la ville. C'est cette frontière qui me semble la plus remarquable, celle qui indique le plus clairement les ravages causés par cette putain de civilisation. J'ai commencé récemment à photographier quelques unes de ces zones suburbaines. J'ai déjà archivé un certain nombre de clichés sur ce thème avec l'intention d'en publier quelques uns. Je débute par la série d'images qui suivent : elles ont été faites sur une petite portion de la ceinture ouest de Montpellier, sous une ciel rendu bien clair par un fort Mistral, dans la matinée du vendredi 15 mars 2013.

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