Montpellier

Du côté de Vendargues

Le lundi 25 mars 2013, le ciel est un peu nuageux, d'un bleu pâle qui tire légèrement sur le gris à cause du vent du Sud régulier, chargé de l'humidité de la Méditerranée. J'y vois des conditions météorologiques idéales pour photographier des paysages en rase-campagne. Dès le début d'après-midi, je me dirige donc en voiture vers l'Ouest de Montpellier. Je quitte la route prise en direction de Nîmes un peu avant le village de Vendargues pour descendre vers Saint-Aunes. Je pense que la plupart des gens sont en vacances parce que je ne rencontre sur mon trajet que très peu de circulation. Je me dis qu'une bonne partie de la population urbaine doit s'être dispersée, je ne sais où, en raison des congés liés à la proximité de la fête de Pâques qui tombe juste à la fin du mois, le dimanche 31. Aussi, je n'ai aucune difficulté à sortir de Montpellier. Je prends les premiers clichés à environ 5 km de la ville, une distance qui n'est pas suffisamment importante pour que je puisse m'imaginer en pleine campagne. Trop de bâtiments voués à d'autres fins que des activités agricoles se trouvent sur mon parcours. Trop de petits lotissements, regroupant quelques maisons dont l'architecture est très éloignée de celle des quelques habitations fermières dispersées sur les quelques centaines d'hectares qui s'étendent sous mon regard. Je mets en images certaines parcelles de ces terres agricoles, faites principalement de petits vignobles fleuris par les pâquerettes.

En revenant vers Vendargues, je fais quelques photos qui pourraient donner l'impression que le village n'a pas subi les affres de la modernisation. Je délimite le cadrage en cherchant à éliminer du champ de l'objectif le plus de choses ayant trait à la modernité. Pourtant de nombreux signes, tels que des panneaux indicateurs routiers ou publicitaires, un feu tricolore, une antenne et une parabole TV, une grue se découpant au loin dans le ciel, sans parler des véhicules omniprésents, disent que le XXe siècle est déjà passé par là. Un vieillard m'observe du haut de sa fenêtre, debout, immobile, impassible. Je pense à un tableau de Hopper. Même si une photographie ne joue que sur les perceptions optiques, visuelles, elle révèle de nombreux indices qui donnent une idée assez précise de l'atmosphère ambiante. Surtout si la scène transcrite en numérique représente pour nous une situation assez familière. Aucune difficulté sur le trajet du retour, en fin d'après-midi, lorsque je rentre. La carte mémoire du Nikon est chargée d'une cinquantaine de prises de vue. En attendant d'être servi, je prends la dernière photo de la journée depuis la terrasse d'un café situé dans une zone commerciale. Je ne suis pas mécontent de ma sortie, d'avoir choisi de rouler sur quelques kilomètres, vers l'Ouest de Montpellier. J'ai de quoi composer une nouvelle page pour alimenter Traverses.

A l'Ouest A l'Ouest A l'Ouest A l'Ouest A l'Ouest A l'Ouest A l'Ouest A l'Ouest A l'Ouest